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Retrait-gonflement des argiles : croiser RGA 2026, arrêtés CatNat et sécheresse des sols

Le retrait-gonflement des argiles est souvent résumé par une carte d’exposition. C’est insuffisant. Une carte RGA, un indicateur SWI, un arrêté CatNat et un dommage sur une maison ne décrivent pas la même chose.

La carte officielle RGA n’est pas une carte communale : ses zones ne suivent pas les limites administratives. fiñv agrège ici ce zonage à l’échelle de la commune pour pouvoir le comparer aux arrêtés CatNat sécheresse publiés, qui mentionnent les communes concernées. Cette agrégation est une simplification assumée : elle permet une comparaison nationale, mais elle ne décrit ni le sol sous chaque maison, ni l’état réel du bâti.

Explorez la carte : recherchez une commune, puis comparez le zonage RGA agrégé, les arrêtés CatNat sécheresse publiés, les signaux hydroclimatiques, les indicateurs météorologiques récents, la géologie et la topographie.

À retenir.
Le RGA n’est pas un objet unique : une carte d’exposition, un indicateur hydroclimatique, un arrêté CatNat sécheresse publié et un dommage bâtimentaire décrivent chacun une partie différente du problème. Le zonage RGA 2026 est une donnée officielle diffusée par Géorisques / BRGM ; fiñv l’agrège à l’échelle communale, puis le croise avec les arrêtés CatNat sécheresse publiés, le SWI, les indicateurs météorologiques récents, la géologie et la topographie. Cette carte ne prédit pas les dommages et ne produit pas de diagnostic réglementaire, assurantiel ou géotechnique.
Ce que montre l’agrégation communale du zonage RGA

Le zonage RGA officiel est spatial : il décrit des zones d’exposition qui ne suivent pas les limites communales. Les arrêtés CatNat sécheresse publiés, eux, mentionnent les communes concernées pour une période et un phénomène donnés. Pour comparer ces deux informations à l’échelle nationale, il faut donc ramener le zonage RGA à une maille commune.

C’est ce que fait fiñv : le zonage officiel est résumé à l’échelle communale afin d’être confronté aux arrêtés CatNat, aux trajectoires hydroclimatiques, aux indicateurs météorologiques récents, à la géologie et à la topographie.

Cette opération rend les données comparables, mais elle simplifie la réalité. Une commune peut contenir plusieurs niveaux d’exposition RGA, plusieurs formations géologiques, des sols contrastés et des bâtis très différents. Le résultat communal ne décrit donc pas le sol sous chaque maison.

L’intérêt de cette agrégation n’est pas de dire qu’une commune est dangereuse. Il est de repérer, à une maille institutionnelle commune, les territoires où les signaux convergent, divergent ou justifient une analyse locale plus fine.

Pourquoi le zonage RGA officiel évolue en 2026 ?

Le zonage officiel d’exposition au retrait-gonflement des argiles évolue en 2026 avec l’arrêté du 9 janvier 2026, qui modifie l’arrêté du 22 juillet 2020 définissant les zones exposées au phénomène de retrait-gonflement des argiles [2][9].

Environ 240 000 sinistres RGA ont été déclarés entre 2018 et 2022, soit 58 % de l’ensemble des sinistres RGA depuis 1989 [1]. Les zones d’exposition moyenne et forte représentent désormais 55 % du territoire hexagonal, contre 48 % dans le zonage précédent [1][2].

Le nouveau zonage ne signifie donc pas que les argiles, les marnes ou les formations superficielles auraient changé en quelques années. Il traduit une nouvelle lecture de l’exposition au phénomène dans un contexte climatique, assurantiel et réglementaire devenu plus critique.

Ce qu’un arrêté CatNat dit — et ne dit pas

Un arrêté CatNat sécheresse est une décision administrative publiée au Journal officiel. Il mentionne, pour une commune, une période et un phénomène naturel donnés, une reconnaissance ou une non-reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.

Ce n’est pas un inventaire des dommages observés. Une commune non reconnue peut avoir connu des fissures ou des désordres. À l’inverse, une commune reconnue CatNat ne signifie pas que tous les bâtiments sont touchés, ni que tous les dossiers seront automatiquement indemnisés.

Les arrêtés CatNat sont donc utilisés ici comme un signal institutionnel publié, pas comme une mesure directe de la sécheresse, des fissures ou de la vulnérabilité du bâti.

Comment lire les signaux croisés ?

Les couches de la carte ne décrivent pas le même objet. Elles doivent être lues comme des signaux complémentaires, pas comme des preuves équivalentes.

  • Zonage RGA : exposition officielle au phénomène de retrait-gonflement des argiles.
  • Géologie : contexte lithologique utile, mais insuffisant pour conclure sur la susceptibilité géotechnique locale.
  • SWI et indicateurs hydroclimatiques : signaux modélisés, utiles pour comparer des trajectoires entre territoires.
  • Arrêtés CatNat : réponse administrative publiée, pas inventaire exhaustif des dommages.
  • Bâti : maillon essentiel du dommage, encore absent de cette première lecture communale.

Quand plusieurs signaux vont dans le même sens, la commune mérite une attention renforcée. Quand ils divergent, l’écart est lui-même informatif : il peut révéler un effet d’échelle, une limite d’indicateur, une particularité locale ou une différence entre phénomène physique et réponse administrative publiée.

Ce que le SWI dit — et ne dit pas

Le SWI uniforme ne décrit pas le sol réel d’une commune. Il fournit un signal météorologique modélisé, comparable entre territoires, dans le cadre du dispositif CatNat sécheresse.

Le SWI uniforme neutralise volontairement les différences locales de sol et de végétation. Il ne cherche donc pas à représenter fidèlement chaque commune ; il sert à comparer l’effet météorologique entre territoires dans un cadre administratif homogène.

Cet indicateur est modélisé par SIM de Météo-France sur une grille d’environ 8 km. Il est pertinent pour comparer des trajectoires hydroclimatiques à grande échelle, mais il ne mesure pas l’humidité au droit d’un bâtiment, d’une parcelle ou d’une fondation.

Il devient donc trompeur s’il est lu comme une mesure locale. Son intérêt est comparatif : repérer des trajectoires de sécheresse des sols et les confronter au zonage RGA, aux arrêtés CatNat sécheresse publiés et au contexte géologique.

Tendances longues et écarts récents

La carte ne compare pas seulement des états. Elle distingue aussi deux temporalités : les tendances hydroclimatiques longues et les écarts récents. L’objectif n’est pas de dire qu’une commune est “en risque” parce qu’un indicateur est élevé, mais de regarder si la période récente prolonge, amplifie ou contredit une trajectoire déjà installée.

Cette distinction est importante pour le RGA. Certains signaux, comme les indicateurs thermiques, peuvent renforcer une géographie déjà marquée. D’autres signaux hydriques peuvent apparaître davantage comme des ruptures récentes ou des redistributions spatiales.

Ces indicateurs restent des lectures communales et relatives. Ils ne remplacent ni une mesure locale du sol, ni une expertise de bâtiment. Ils aident à comprendre si un territoire suit une dynamique longue, connaît un écart récent ou présente une situation plus ambiguë.

Ce que la typologie fiñv permet — et ne permet pas

La typologie fiñv est une classification exploratoire construite par règles de croisement et de regroupement de signaux publics ramenés à l’échelle communale. Elle ne vient pas de BRGM, de CCR ou de Météo-France, et ne constitue pas une classification réglementaire officielle.

Elle sert à identifier des situations territoriales : convergence de signaux de sensibilité ou de contrainte, hausse du zonage RGA sans reconnaissance CatNat sécheresse récente publiée, historique CatNat marqué sans contrainte hydrique robuste, ou communes où les indicateurs météorologiques récents renforcent un contexte déjà sensible.

Cette typologie n’a pas été calibrée sur une base exhaustive de dommages bâtimentaires. Elle doit donc être lue comme une aide à l’exploration territoriale, pas comme un modèle explicatif ou prédictif des sinistres.

Le bâti, maillon manquant

Le dommage RGA ne dépend pas seulement du sol et de la sécheresse. Il dépend aussi du bâti : type de fondations, âge de la construction, présence ou absence de sous-sol, extensions, réseaux, drainage, végétation proche, imperméabilisation des abords et entretien.

C’est pourquoi une commune à exposition RGA agrégée forte ne correspond pas automatiquement à des dommages généralisés. À l’inverse, une zone localement sensible peut concentrer des bâtiments vulnérables même si le signal communal reste modéré.

Sources et données utilisées

Les sources ci-dessous ne jouent pas le même rôle. Certaines fournissent des données officielles, d’autres des indicateurs hydroclimatiques ou des référentiels géographiques. Le traitement fiñv consiste à rendre ces données comparables à l’échelle communale.

[1] Fonds de prévention argile — carte d’exposition RGA 2026

Source utilisée pour le contexte réglementaire, la sinistralité récente, la part du territoire en exposition moyenne ou forte et la projection de sinistralité RGA à horizon 2050.

Fonds de prévention argile — Carte d’exposition RGA 2026

[2] Géorisques / BRGM — zonage RGA 2026

Carte nationale d’exposition au retrait-gonflement des argiles, version 2026.

Géorisques — Retrait-gonflement des argiles, version 2026

[3] CCR — arrêtés CatNat

Arrêtés CatNat publiés au Journal officiel et consultables via le portail CCR.

CCR — Liste des arrêtés CatNat

[4] data.gouv.fr — SWI CatNat sécheresse

Données mensuelles d’indice d’humidité des sols utilisées pour le dispositif CatNat sécheresse.

data.gouv.fr — Données mensuelles d’indice d’humidité des sols pour le dispositif CatNat

[5] data.gouv.fr — SIM quotidienne

Données hydroclimatiques SIM quotidiennes de Météo-France, utilisées pour les indicateurs météo récents et les trajectoires longues.

data.gouv.fr — Données changement climatique, SIM quotidienne

[6] BRGM / InfoTerre — BD Charm-50

Base géologique vectorisée et harmonisée des cartes géologiques départementales au 1/50 000.

BRGM / InfoTerre — BD Charm-50

[7] IGN — ADMIN EXPRESS / ADMIN EXPRESS COG

Référentiel administratif utilisé pour les limites communales et les identifiants territoriaux.

data.gouv.fr — ADMIN EXPRESS / ADMIN EXPRESS COG

[8] IGN — BD ALTI®

Modèle numérique de terrain utilisé pour calculer altitude et relief communal.

data.gouv.fr — BD ALTI®

[9] Légifrance — arrêté du 9 janvier 2026

Arrêté du 9 janvier 2026 modifiant l’arrêté du 22 juillet 2020 définissant les zones exposées au phénomène de mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols argileux.

Légifrance — Arrêté du 9 janvier 2026

Traitements fiñv. L’agrégation communale et la typologie affichée dans la carte sont des traitements exploratoires : elles rendent comparables des données publiques hétérogènes à l’échelle communale, sans remplacer le zonage RGA officiel ni une expertise locale.

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