Carte RGA 2026 : la géologie n'a pas changé, le risque oui
La carte nationale d'exposition au retrait-gonflement des argiles évolue fortement en 2026. Certaines communes changent de niveau d'exposition. D'autres restent stables.
Cette évolution ne signifie pas que la géologie française s'est transformée. Elle traduit une réévaluation du zonage réglementaire à partir des connaissances disponibles, de la sinistralité récente, du climat et des enjeux bâtis.
La visualisation fiñv propose une lecture communale de cette évolution entre 2020 et 2026. Elle agrège les classes du zonage officiel sous forme de score surfacique : pour chaque commune, elle synthétise la part du territoire classée hors zonage, faible, moyen ou fort.
Elle permet de comparer les communes*. Elle ne permet pas d'identifier précisément les secteurs sensibles à l'intérieur d'une commune, ni les bâtiments directement exposés. Cette lecture nécessite des données plus fines et une connaissance locale du territoire.
La carte RGA 2026 ne montre pas un changement de géologie. Elle montre une réévaluation de l'exposition réglementaire au retrait-gonflement des argiles. La visualisation fiñv en donne une lecture communale surfacique : utile pour comparer les territoires, insuffisante pour diagnostiquer une maison ou localiser précisément les bâtiments exposés.
Ce que montre la mise à jour 2026
La nouvelle carte ne dit pas que les formations argileuses ont changé. Elle dit que l'exposition réglementaire est réévaluée au regard des données disponibles.
Une commune qui passe de faible à moyen, ou de moyen à fort, ne s'est pas transformée géologiquement. Elle est reclassée parce que son niveau d'exposition estimé devient plus élevé dans la méthode nationale.
Le changement est important. Selon le BRGM et Géorisques, 55 % du territoire hexagonal est désormais concerné par une exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, contre 48 % auparavant.
La mise à jour prend notamment en compte environ 240 000 sinistres RGA survenus entre 2018 et 2022, soit 58 % de l'ensemble des sinistres RGA enregistrés depuis 1989.
Les conséquences sont concrètes : information des acquéreurs, ventes de terrains constructibles, contrats de construction de maisons individuelles, études de sol, prévention, assurance et perception locale du risque.
Le nouveau zonage entre en application au 1er juillet 2026 pour les promesses de vente, les actes authentiques de vente des terrains non bâtis constructibles et les contrats de construction de maisons individuelles.
Comment lire la visualisation fiñv
La carte officielle décrit un zonage d'exposition. La visualisation fiñv en propose une agrégation communale pour comparer l'évolution entre 2020 et 2026.
Chaque commune reçoit une classe d’exposition surfacique construite à partir de la part de son territoire classée non exposée, faible, moyenne ou forte. Pour lire l’évolution, ces quatre classes sont converties en échelle ordinale : non exposé = 0, faible = 1, moyen = 2, fort = 3. La carte d’évolution représente le delta entre 2026 et 2020. Une variation de +1 correspond à une hausse d’exposition et apparaît en orange. Une variation de +2 ou plus correspond à une forte hausse et apparaît en rouge. À l’inverse, -1 correspond à une baisse d’exposition en bleu clair, et -2 ou moins à une forte baisse en bleu foncé. Les communes sans changement apparaissent en blanc ou gris clair.
Cette lecture est volontairement synthétique. Elle permet de voir les grandes tendances territoriales : communes stables, communes en hausse, communes en forte hausse, et cas plus rares de baisse.
Mais elle ne décrit pas directement les bâtiments. Une commune peut présenter une grande surface classée en exposition forte avec peu de maisons concernées. À l'inverse, une surface exposée plus réduite peut concentrer une part importante du bâti.
C'est la limite principale de cette carte, et aussi le point de départ de la prochaine visualisation : comparer le territoire communal, les zones classées RGA et les bâtiments effectivement situés dans ces zones.
Une carte d'exposition, pas une carte géologique
Une carte géologique répond à une question : qu'y a-t-il sous nos pieds ?
Une carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles répond à une autre question : où ce phénomène peut-il endommager des constructions ?
Le retrait-gonflement dépend de la présence d'argiles sensibles, mais pas seulement. Il dépend aussi de l'eau, de la sécheresse, de la végétation, de l'imperméabilisation des sols, de la profondeur des fondations, de la qualité du bâti et de la manière dont les dommages sont déclarés, expertisés, reconnus et indemnisés.
Une carte RGA n'est donc pas une simple carte du sous-sol. C'est un zonage d'exposition réglementaire établi à l'échelle nationale pour un territoire habité, construit et aménagé.
Pourquoi la méthode change
La mise à jour 2026 ne consiste pas seulement à ajouter des sinistres récents. Elle modifie aussi la manière de les interpréter.
La carte utilisée depuis 2020 reposait notamment sur une densité de sinistres par kilomètre carré urbanisé. La mise à jour 2026 privilégie une fréquence de sinistres : le nombre de sinistres est rapporté au nombre de logements individuels, calculé à partir de la Base de données nationale des bâtiments.
Ce choix est important. Les maisons individuelles sont souvent plus vulnérables au retrait-gonflement des argiles que les logements collectifs, notamment parce qu'elles reposent plus fréquemment sur des fondations légères.
Rapporter les sinistres au nombre de maisons individuelles permet donc de comparer la sinistralité observée à l'enjeu bâti potentiellement vulnérable.
La carte représente ainsi une lecture croisée entre formations argileuses, climat, maisons individuelles et dommages observés.
Le climat intensifie le phénomène
Le mécanisme physique est simple dans son principe.
Un sol argileux peut gonfler lorsqu'il s'humidifie. Il peut se rétracter lorsqu'il s'assèche. Ces variations de volume génèrent des mouvements différentiels du terrain. Une maison posée sur ce sol ne bouge pas toujours de manière homogène : les fondations travaillent, les murs fissurent, les portes coincent.
Ce phénomène existe depuis longtemps. Ce qui change aujourd'hui, c'est l'intensité et la fréquence des cycles hydriques : sécheresses plus sévères, canicules répétées, alternance entre périodes sèches et retours des pluies.
Le changement climatique ne crée pas les argiles. Il rend leurs effets plus fréquents, plus intenses et plus coûteux lorsque le bâti est vulnérable.
La sinistralité n'est pas une mesure pure de la nature
Un sinistre reconnu n'est pas uniquement un signal géologique. Il résulte d'une chaîne complète : un sol argileux, un déficit hydrique, un bâtiment vulnérable, une déclaration, une demande communale, une instruction administrative, une expertise assurantielle et parfois un contentieux.
La sinistralité est donc précieuse, car elle indique où des dommages ont été déclarés, instruits et parfois reconnus. Mais elle doit être interprétée avec prudence : elle décrit à la fois un processus physique et la manière dont une société construit, déclare, reconnaît et indemnise les dommages liés au sol.
Ce point fera l'objet d'un article dédié, car il explique pourquoi une carte d'exposition ne peut jamais être lue comme une simple carte de sols.
Pourquoi cette carte ne suffit pas à expliquer les reconnaissances CatNat
Une exposition forte au retrait-gonflement des argiles ne signifie pas automatiquement qu'une commune obtiendra une reconnaissance CatNat sécheresse.
La reconnaissance repose sur plusieurs conditions. La présence d'argiles sensibles est nécessaire, mais elle ne suffit pas. Les conditions hydriques, l'intensité de la sécheresse, les critères utilisés par l'État et les dommages observés jouent également un rôle.
Une commune peut donc être fortement exposée au RGA sans connaître de reconnaissance CatNat récente. À l'inverse, certaines communes présentent un signal assurantiel important alors que leur exposition cartographique semble plus limitée.
Cette différence entre exposition géotechnique, sécheresse observée et reconnaissance administrative constitue l'un des principaux enjeux de lecture du risque RGA à l'échelle nationale.
C'est pourquoi une carte d'exposition doit être mise en regard du climat, de la sinistralité observée, des critères CatNat et de la vulnérabilité réelle du bâti.
Ce que cette carte ne permet pas de conclure
La carte RGA est une carte nationale d'exposition réglementaire. Elle ne prédit pas le comportement futur d'une maison particulière et ne remplace pas une étude de sol à la parcelle.
Son échelle de référence est celle des cartes géologiques au 1/50 000 : elle indique un contexte d'exposition, pas la nature exacte du sol sous chaque bâtiment.
Une commune classée en exposition moyenne ou forte n'est pas uniformément exposée. À l'intérieur d'une même commune, il peut y avoir des zones argileuses sensibles, des secteurs peu concernés, des bâtiments vulnérables et d'autres beaucoup moins exposés.
Inversement, une commune peu exposée à l'échelle cartographique peut contenir des situations locales particulières : argiles d'extension limitée, altérations locales, placages argileux ou configurations hydrologiques spécifiques.
La carte sert donc à identifier un contexte d'exposition, à orienter la prévention, à informer les propriétaires et les acquéreurs, et à cadrer les obligations réglementaires. Elle ne remplace pas l'analyse locale.
Et après : passer de la surface au bâti exposé
La mise à jour de la carte n'est pas seulement un changement de couleur sur un portail public. Elle peut avoir des effets concrets : davantage de communes concernées par des obligations d'information, davantage de terrains constructibles soumis à étude géotechnique préalable, et une attention accrue portée au risque dans les ventes, les contrats de construction et les diagnostics territoriaux.
Mais pour comprendre le risque réel, la lecture surfacique ne suffit pas. Il faut regarder où se trouvent les bâtiments, comment ils sont construits, dans quel contexte hydrologique ils se situent et comment le territoire a déjà été touché par les sécheresses.
La prochaine visualisation comparera trois lectures complémentaires : la surface totale communale, la surface classée RGA et les bâtiments situés dans les zones exposées.
Cette étape permettra de relier plus directement cartographie RGA, critères CatNat, sécheresse observée et vulnérabilité réelle des territoires.
Sources et données
Cette page s'appuie sur les ressources publiques du BRGM, de Géorisques et de l'État concernant la mise à jour 2026 de la carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles, la méthodologie de zonage, le dossier expert RGA et le régime d'indemnisation des catastrophes naturelles.
BRGM — carte nationale d'exposition RGA 2026
Le BRGM indique que la carte nationale d'exposition au retrait-gonflement des argiles évolue à la demande de l'État afin d'intégrer la forte sinistralité récente, notamment après la sécheresse de 2022. Environ 240 000 sinistres RGA ont été déclarés entre 2018 et 2022, soit 58 % des sinistres RGA enregistrés depuis 1989.
Retrait-gonflement des argiles : la carte nationale d'exposition évolue
Géorisques — carte d'exposition RGA 2026
Géorisques précise que l'arrêté du 9 janvier 2026 met à jour la carte d'exposition RGA utilisée depuis 2020 afin d'intégrer les effets du changement climatique et la forte sinistralité récente. Le nouveau zonage s'applique à compter du 1er juillet 2026 aux promesses de vente, actes authentiques de vente de terrains non bâtis constructibles et contrats de construction de maison individuelle.
Géorisques — dossier expert RGA
Le dossier expert de Géorisques détaille le phénomène de retrait-gonflement des argiles, les conséquences possibles sur les constructions, les principes de prévention et les limites d'interprétation de la carte à l'échelle locale.
Géorisques — indemnisation Cat Nat
Géorisques décrit le régime d'indemnisation des catastrophes naturelles, les conditions de reconnaissance par arrêté interministériel publié au Journal officiel, ainsi que les délais de déclaration et d'indemnisation des sinistres.
data.gouv.fr — réutilisation fiñv
Cette visualisation de l'évolution de la carte RGA entre 2020 et 2026 est publiée comme réutilisation sur data.gouv.fr.
Visualisation de l'évolution de la carte RGA entre 2020 et 2026
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